Cycle HiPhiS 2018 : Les controverses, moteur intellectuel du progrès scientifique

Une dizaine de conférences de janvier à décembre 2018 – cycle en cours  [prochaine conférence]

  Si le fait d’argumenter en faveur d’une théorie ou d’une autre fait partie intégrante de l’exercice de la science, les tensions que suscite l’argumentation prennent parfois la forme de disputes, de controverses ou de polémiques qui agitent la sphère savante, voire au-delà se déploient sur la place publique, relayées par les médias autour d’enjeux de société. Les controverses permettent alors de se déprendre d’une vision trop positiviste de l’activité scientifique, en faisant surgir les aspects artificiels et conventionnels des pratiques et croyances qui l’accompagnent, à l’instar de toute activité humaine/sociale.
  Mais la fonction de la controverse ne saurait se limiter à cet aspect démystificateur : par les avancées scientifiques qui résultent des débats qu’elle donne à voir, la controverse peut s’envisager comme un moteur intellectuel du progrès scientifique. Nous nous proposons ainsi d’observer et de rendre compte, dans la pratique scientifique, du fonctionnement de ces controverses et des enjeux épistémologiques et axiologiques qu’elles portent, notamment dans l’émergence de nouveaux paradigmes.
  En définitive et au-delà de la vaine polémique ou des surexpositions médiatiques, ce nouveau cycle annuel HiPhiS souhaite mettre en lumière ce que la controverse peut avoir de fructueux, en montrant à travers plusieurs exemples, récents ou anciens, empruntés aux différents champs scientifiques, comment l’affrontement d’idées ou de paradigmes opposés peut déboucher sur une avancée significative des connaissances scientifiques — sans négliger les cas où les disputes restent ouvertes, voire impossibles à trancher.

Cliquer sur les vignettes pour voir les affiches en grand format.

 


Mardi 23 janvier 2018
Sociologie, controverses et mémoire de l’eau
   Pascal Ragouet

  Sociologue, Professeur à l’Université de Bordeaux – Centre Émile Durkheim (UMR 5116 CNRS, Université de Bordeaux, Sciences-Po Bordeaux)

17h30 – UM IAE, amphithéâtre Robert Reix (campus Triolet, bât. 29) [attention, campus en travaux !]

Résumé, affiche

pdfAffiche A3 – PDF340.8 Ko | jpgPlan nouveaux accès campus Triolet – JPG156 Ko

Résumé :

  Dans le domaine des science studies, l’analyse des controverses a plutôt été le fait d’analystes persuadés qu’il s’agissait là d’un objet tout à fait adapté à leur propos critique : démontrer que la science n’est qu’une activité sociale comme les autres et qu’il est nécessaire de rompre avec la conception selon laquelle il s’agirait d’une « entreprise mue par la recherche de la vérité et soumise aux normes de la raison » (Berthelot, 2008, p.22). L’objectif est précisément de montrer, à partir du cas de l’affaire de la « mémoire de l’eau », que l’étude des controverses permet — sans nier la dimension sociale de l’activité scientifique — de mettre au jour l’une des conditions de possibilité du débat scientifique, l’existence d’un appareillage spécifique de normes épistémiques partagées. Finalement, le propos est de démontrer que la science de la controverse permet de nourrir les controverses sur la science.

Bibliographie :

Berthelot, J.-M. (2008), L’emprise du vrai. Connaissance scientifique et modernité, Paris, PUF.

□ P. Ragouet, L’eau a-t-elle une mémoire ? Sociologie d’une controverse scientifique, Paris, Raisons d’Agir, 2016. ISBN 9782912107879

Affiche HiPhiS 2018-01-23M P. Ragouet


Attention travaux – accès au campus Triolet modifié. Un chantier immobilier occupe désormais l’entrée principale du campus place Bataillon : pour rejoindre le bâtiment 29 IAE, contourner la zone via les nouveaux accès du campus avenue Parguel ou rue du Truel (environ 15 minutes depuis la station de tram 1 “Universités”). Voir le plan.


 


Mardi 6 février 2018
Controverses sur l’origine et l’évolution de l’œil chez les animaux
   Jean Deutsch

   Biologiste de l’évolution, Professeur émérite à l’Université Pierre et Marie Curie – Paris 6

17h30 – UM IAE, amphithéâtre Robert Reix (campus Triolet, bât. 29) [attention, campus en travaux !]

Résumé, affiche

pdfAffiche A3 – PDF325.8 Ko | jpgPlan nouveaux accès campus Triolet – JPG156 Ko

Invitation conjointe avec l’Agora des savoirs

Résumé :

  L’incroyable inventivité de la nature est illustrée par la variété des yeux dans le règne animal ; Darwin lui-même s’étonnait que le simple mécanisme de l’évolution ait pu conduire ait pu mener à des organes de vision aussi différents et complexes. Les connaissances biologiques récentes éclairent cette diversité, qui suscita quelques controverses entre biologistes de l’évolution, que nous évoquerons dans cet exposé :
  (i) Si von Salvini-Plawen et Mayr (1977) ont proposé qu’au moins 40 événements d’apparition d’yeux soient survenus au cours de l’évolution, Eakin (1979) proposa seulement deux lignées parallèles d’yeux à cellules photoréceptrices ciliaires (Deutérostomiens) ou rhabdomériques (Protostomiens), théorie qui sera plus tard révisée par Arendt & Wittbrodt (2001).
  (ii) Alors que Gehring (Quiring 1994) propose que chez tous les animaux bilatériens un seul “gène-maître”, Pax6, gouverne l’organogénèse de l’œil, Desplan (1997) suggère que celle-ci dépend plutôt d’un réseau de gènes. Par ailleurs le développement des yeux des Cnidaires (méduses) repose non sur Pax6 mais sur différents gènes de la famille Pax selon les espèces.

Bibliographie :

Arendt, D.; Wittbrodt, J. (2001). “Reconstructing the Eyes of Urbilateria”, Philos. Trans. R. Soc. Lond. B Biol. Sci., 356: 1545–1563.
Desplan, C. (1997). “Eye development: governed by a dictator or a junta?”, Cell, 91: 861–864.
Eakin, R.M. (1979). “Evolutionary significance of photoreceptors“, Am. Zool., 19: 647–653. Quiring, R.; Waldorf, U.; Kloter, U.; Gehring, W. (1994). “Homology of the eyeless gene of Drosophila to the small eye gene in mice and Aniridia in humans”, Science, 265: 786–789.
von Salvini-Plawen; E., Mayr, E. (1977). “On the evolution of photoreceptors and eyes”, Evol. Biol., 10: 207–263.

□ J. Deutsch, La Méduse qui fait de l’œil – et autres merveilles de l’évolution, Paris, Éditions du Seuil, 2017. ISBN 978-2-02-122322-4

Affiche HiPhiS 2018-02-06M J. Deutsch


Attention travaux – accès au campus Triolet modifié. Un chantier immobilier occupe désormais l’entrée principale du campus place Bataillon : pour rejoindre le bâtiment 29 IAE, contourner la zone via les nouveaux accès du campus avenue Parguel ou rue du Truel (environ 15 minutes depuis la station de tram 1 “Universités”). Voir le plan.


 


Mardi 13 mars 2018
Les controverses sur l’astrologie au XVIIe siècle à Paris
   Jean Sanchez

   Historien et philosophe des sciences, doctorant à l’ENS Paris, République des Savoirs

17h30 – UPVM site Saint-Charles, salle Colloque 2 (rue Prof. Henri Serre, RdC | tram 1 Place Albert 1er – St-Charles)

Résumé, affiche

pdfAffiche A3 – PDF284 Ko

Invitation conjointe avec l’EA 4424 CRISES, UPVM

Résumé :

  L’immense prestige dont jouit l’astrologie auprès des élites savantes de la Renaissance ne peut que contraster avec la brutale marginalisation dont elle fait l’objet au cours du XVIIe siècle. En France particulièrement, alors que l’astrologue Jean-Baptiste Morin (1591–1659) enseigne au Collège Royal [le futur Collège de France] entre 1629 et 1656, le premier groupe de savants qui fonde l’Académie des Sciences en 1666 ne compte aucun astrologue officiel.
  Nous voulons mettre en évidence, à travers les polémiques agitant la communauté savante parisienne entre 1610 et 1666, l’émergence de nouveaux critères de validité épistémologique ayant conduit à la marginalisation de l’astrologie savante.
  Deux débats retiendront notre attention : la polémique de 1623–1625 au sujet de l’interprétation astrologique des miracles du philosophe italien Giulio Cesare Vanini (1585–1619), condamné au bûcher en 1619 ; et la controverse de 1643–1654 entre Jean-Baptiste Morin et l’astronome Pierre Gassendi sur la validité de l’astrologie.

Affiche HiPhiS 2018-03-13M J. Sanchez


 


Mardi 10 avril 2018
Production et formalisation des preuves, et quelques comparaison entre mathématiques et droit[titre révisé]
   Michel Parigot

  Logicien, C.R. CNRS à l’IRIF Institut de Recherche en Informatique Fondamentale, Université Paris 7 Diderot

17h30 – UM Polytech, amphithéâtre Serge Peytavin (campus Triolet, bât. 31)

Résumé, affiche

pdfAffiche A3 – PDF296.3 Ko

Invitation conjointe avec le LIRMM, Laboratoire d’Informatique, de Robotique et de Microélectronique de Montpellier

Résumé :

  La notion de preuve codifiée (et soutenue par un raisonnement) se retrouve historiquement à la fois dans les mathématiques et dans le droit, mais avec des nuances importantes entre ces deux domaines : formalisme des concepts/définitions et du langage d’un côté, usage de la langue commune de l’autre. Autre élément structurant du raisonnement juridique : en droit il faut toujours décider (rendre un jugement), et il le faut dans un temps limité.
  Si la notion de preuve formelle est (presque) devenue usuelle en mathématiques, la formalisation du raisonnement juridique (préalable indispensable à son automatisation éventuelle) rencontre diverses difficultés : ambiguïté du langage naturel ; existence d’une jurisprudence (qui adapte les règles), et du facteur temps (étranger à la logique) ; fréquence des erreurs de raisonnement dans les jugements rendus…
  À travers une présentation de l’univers des preuves formelles en tant qu’objets mathématiques (systèmes de déduction axiomatique ou analytique, logique classique versus intuitionniste, etc), cet exposé donne aussi l’éclairage d’un logicien devenu par la force des choses un praticien du droit et notamment du droit administratif.

Affiche HiPhiS 2018-04-10M M. Parigot


Attention travaux – accès au campus Triolet modifié. Un chantier immobilier occupe désormais l’entrée principale du campus place Bataillon : pour rejoindre le bâtiment 31 Polytech, contourner la zone via les nouveaux accès du campus avenue Parguel ou rue du Truel (environ 15 minutes depuis la station de tram 1 “Universités”). Voir le plan.


 


Mardi 22 mai 2018
Orthodoxie et hétérodoxie en économie : le “blues” du dominant
   Yann Giraud

  Économiste, MCF à l’Université de Cergy-Pontoise

17h30 – UM IAE, amphithéâtre Robert Reix (campus Triolet, bât. 29) [attention, campus en travaux !]

Résumé, affiche

pdfAffiche A3 – PDF348.8 Ko

Invitation conjointe avec l’équipe d’accueil MRE, Montpellier Recherche en Économie

Résumé :

  La sortie en 2016 de l’ouvrage de Pierre Cahuc et André Zylberberg, Le négationnisme économique, fut l’occasion de raviver dans l’espace public la sempiternelle opposition entre économistes “orthodoxes” et “hétérodoxes”. Irrités par le projet de création d’une nouvelle section du Conseil National des Universités consacrée à l’Économie politique, les auteurs, en référence à l’historien des sciences américain Robert Proctor, accusent les économistes dissidents de « négationnisme économique », comparant leur discours à celui qui nie l’existence des chambres à gaz ou cherche à jeter le doute sur le réchauffement climatique ou sur la nocivité du tabac. Les hétérodoxes, en retour, dénoncent une chasse aux sorcières et fustigent l’arrogance des économistes dominants refusant de se remettre en question.
  Plutôt que prendre parti, nous porterons sur cette controverse un regard historique et épistémologique. Notre présentation mettra en évidence le fait que l’apparition d’un discours hétérodoxe n’a été possible que suite à la montée en puissance d’une science économique « mainstream » dans les trois premières décennies de l’Après Seconde Guerre Mondiale. Bien que diverse, tant par ses approches que ses positionnements idéologiques, l’orthodoxie renvoie néanmoins une image de cohérence qui en facilite la critique. Nous nous demanderons notamment si cette opposition est toujours d’actualité à l’heure ou de nombreux historiens et épistémologues de l’économie ont parlé de la fin du « mainstream » et de l’avènement d’une nouvelle ère post-fondationnaliste pour les sciences économiques.

Bibliographie :

Cahuc, P & Zylberberg, A. (2016), Le négationnisme économique et comment s’en débarrasser, Paris, Flammarion. ISBN 9782081379152

□ Giraud, Y. (2017), « Le blues du dominant », Zilsel, 1(1), 351–369. (voir en ligne sur Cairn)

Affiche HiPhiS 2018-05-22M – Y. Giraud


Attention travaux – accès au campus Triolet modifié. Un chantier immobilier occupe désormais l’entrée principale du campus place Bataillon : pour rejoindre le bâtiment 29 IAE, contourner la zone via les nouveaux accès du campus avenue Parguel ou rue du Truel (environ 15 minutes depuis la station de tram 1 “Universités”). Voir le plan.


 


Mardi 3 juillet 2018
Waddington et la théorie synthétique de l’évolution, histoire d’une controverse qui n’eut pas lieu
   Laurent Loison

  Historien de la biologie, C.R. CNRS à l’IHPST, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

17h30 – UM FdS, salle de cours SC-16.01 (campus Triolet, bât. 16) [attention, campus en travaux !]

Résumé, affiche

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Résumé :

  La théorie synthétique de l’évolution s’est construite au cours des années 1940 sur l’idée que la sélection naturelle opère sur un champ de variations génétiques intra-populationnelle. Dans cette perspective « atomiste », les allèles sont dotés d’une relative individualité et ce sont prioritairement eux les agents du changement évolutif.
  Au même moment, Conrad Waddington et Ivan Schmalhausen proposèrent indépendamment une autre synthèse évolutive fondée sur l’idée que les organismes sont des totalités. Chez Waddington, la notion de canalisation devait jouer un rôle central dans sa conception de l’« assimilation génétique ». Les mécanismes proposés par Waddington et Schmalhausen furent – et restent – mal compris, car souvent réduits à des reformulations de l’« effet Baldwin ».
  L’objectif de cette présentation est de montrer la radicalité des idées de Waddington et Schmalhausen, qui lorsqu’on les considère dans leurs formulations originales, ne se laissent pas facilement résorber dans le cadre de la théorie synthétique.

Bibliographie :

□ Loison, L. (2018), “Canalization and genetic assimilation: reassessing the radicality of the Waddingtonian concept of inheritance of acquired characters”, Seminars in Cell & Developmental Biology, in press, DOI: 10.1016/j.semcdb.2018.05.009 [online 2018-05-18].

Affiche HiPhiS 2018-07-03M – L. Loison


Attention travaux – accès au campus Triolet modifié. Un chantier immobilier occupe désormais l’entrée principale du campus place Bataillon : pour rejoindre le bâtiment 16, contourner la zone via les nouveaux accès du campus avenue Parguel ou rue du Truel (environ 15 minutes depuis la station de tram 1 “Universités”).
N.B. restriction des accès en juillet-août 2018 : en raison de travaux sur voirie, accessibilité “PMR” uniquement par entrées rue du Truel (non garantie sur les autres) ; accès véhicules uniquement par l’entrée ”Truel”. Voir le plan.


 


Mardi 11 septembre 2018
Un siècle de cosmologie relativiste
   Jean-Philippe Uzan

  Cosmologiste, D.R. CNRS à l’Institut d’Astrophysique de Paris

18h – UM FdS, amphithéâtre A-6.02 (campus Triolet, bât. 6, attention horaire inhabituel !) [attention, campus en travaux !]

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Résumé :

Selon les mots de Georges Lemaître, « une cosmogonie vraiment complète devrait expliquer les atomes comme les soleils ». Trouvant ses racines dans la relativité générale d’Einstein, la cosmologie a peu à peu incorporé toute la physique du XXe siècle – physique atomique, nucléaire et quantique – et spéculative afin de comprendre la diversité et la structuration de la matière. Elle se positionne ainsi comme un terrain de jeu permettant de tester les nouvelles théories de la physique. Nous exposerons la structure du modèle du Big-Bang en détaillant ses hypothèses et les observations qui les sous-tendent. Nous discuterons pour finir ses problèmes ouverts.

Bibliographie :

□ J.-P. Uzan, Big-bang – Comprendre l'univers depuis ici et maintenant, Paris, Flammarion, 2018. ISBN 978-2-0814-3369-4 | site éditeur

Affiche HiPhiS 2018-09-11M – J.-P. Uzan


Attention travaux – accès au campus Triolet modifié. Un chantier immobilier occupe désormais l’entrée principale du campus place Bataillon : pour rejoindre le bâtiment 29 IAE, contourner la zone via les nouveaux accès du campus avenue Parguel ou rue du Truel (environ 15 minutes depuis la station de tram 1 “Universités”). Voir le plan.


 


Mardi 23 octobre 2018
Sociologie des controverses scientifiques
   Dominique Raynaud

  Sociologue, MCF à l’Université de Grenoble-Alpes

17h30 – UM Polytech, amphithéâtre Serge Peytavin (campus Triolet, bât. 31) [attention, campus en travaux !]

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Résumé :

  Les controverses scientifiques sont aujourd’hui un sujet privilégié de la sociologie et de l’histoire des sciences. Si leur analyse doit beaucoup aux approches inaugurées par les courants relativistes et constructivistes, ces approches dévoilent leurs limites dans certains cas comme le débat sur la génération spontanée entre Pasteur et Pouchet. Il vaut mieux adopter une théorie incrémentaliste du progrès scientifique : pour autant qu’il suive des règles, le débat permet de tester la robustesse d’une théorie et de départager les théories rivales. Le fait que les débats soient souvent marqués par la passion et les émotions est secondaire ; l’important est que les échanges réglés produisent des arguments publics. C’est une façon de répondre à la question : Pourquoi l’activité scientifique est-elle conflictuelle ?

Bibliographie :

□ D. Raynaud, Sociologie des controverses scientifiques (2e édition augmentée), Paris, Éditions Matériologiques, 2018. ISBN 978-2-37361-135-9 | eISBN 978-2-37361-136-6 | site éditeur

Affiche HiPhiS 2018-10-23M – D. Raynaud


Attention travaux – accès au campus Triolet modifié. Un chantier immobilier occupe désormais l’entrée principale du campus place Bataillon : pour rejoindre le bâtiment 31 Polytech, contourner la zone via les nouveaux accès du campus avenue Parguel ou rue du Truel (environ 15 minutes depuis la station de tram 1 “Universités”). Voir le plan.


 


Mardi 6 novembre 2018 [conférence reportée à une date ultérieure]
Les controverses autour du DSM
   Steeves Demazeux

  Historien et philosophe des sciences et de la médecine, MCF à l’Université Bordeaux-Montaigne – laboratoire SPH EA 4574

17h30 – UM Polytech, amphithéâtre Serge Peytavin (campus Triolet, bât. 31)

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Conférence annulée pour raison de santé — reportée au mardi 15 janvier 2019.

Résumé :

  La publication aux États-Unis en 1980 de la troisième édition du Manuel Diagnostique et Statistique des Troubles Mentaux (DSM-III) a constitué un événement majeur dans l’histoire de la psychiatrie moderne. Très vite traduite en de nombreuses langues, cette classification standardisée d’un genre nouveau a contribué à consacrer l’hégémonie de la psychiatrie américaine sur la scène internationale.
  Dans cet exposé, je détaillerai les éléments qui, à partir des années 1980 jusqu’à aujourd’hui, ont fourni la matière à différentes controverses autour des principes et des usages de cette classification. Il s’agira en particulier de comprendre, au-delà des querelles d’école entre traditions cliniques différentes, sur quoi repose la difficulté récurrente (sinon l’impossibilité) d’obtenir un consensus a minima en nosologie psychiatrique.

Bibliographie :

□ S. Demazeux, Qu’est-ce que le DSM ? – Genèse et transformations de la bible américaine de la psychiatrie, Paris, Ithaque, 2013. ISBN 978-2-916120-36-2 | site éditeur

Affiche HiPhiS 2018-11-06M – S. Demazeux [conf. annulée]


 


Mardi 27 novembre 2018
Controverses sur les nombres au XVIIe siècle, science normale ou changement de paradigme
   Catherine Goldstein

  Historienne des mathématiques, D.R. CNRS, Institut de Mathématiques de Jussieu – Paris Rive Gauche

17h30 – UM Polytech, amphithéâtre Serge Peytavin (campus Triolet, bât. 31) [attention, campus en travaux !]

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pdfAffiche A3 – PDF294.8 Ko

Invitation conjointe avec l’IMAG – Institut Montpelliérain Alexandre Grothendieck

Résumé :

  Les controverses, longtemps perçues en histoire des sciences comme des épiphénomènes détournant de la quête de la vérité, sont traitées depuis quelques décennies comme des indices importants pour comprendre les positions respectives des scientifiques à un moment donné, les points de tension, les accords tacites et finalement révéler les dynamiques en action dans le développement scientifique. On peut néanmoins s’interroger sur la place de ces controverses et en particulier si elles révèlent toujours un moment de rupture plus ou moins fort.
  À partir de l’étude de l’économie des échanges mathématiques dans un cercle savant du XVIIe siècle, nous montrerons que les controverses peuvent être tout autant des liens que des discontinuités, et en particulier relever de la science normale à une époque donnée, structurant les oppositions méthodologiques.

Affiche HiPhiS 2018-11-27M – C. Goldstein


Attention travaux – accès au campus Triolet modifié. Un chantier immobilier occupe désormais l’entrée principale du campus place Bataillon : pour rejoindre le bâtiment 31 Polytech, contourner la zone via les nouveaux accès du campus avenue Parguel ou rue du Truel (environ 15 minutes depuis la station de tram 1 “Universités”). Voir le plan.


 


Prochaine conférence


Mardi 11 décembre 2018
Les enseignements des “grandes controverses scientifiques” du droit public français depuis 1945 : qu’est-ce qu’adopter une attitude scientifique en science du droit ?
   Régis Ponsard

  Juriste et philosophe du droit, MCF en droit public à l'Université de Reims – chercheur statutaire au CENJ Centre d’Étude des Normes Juridiques Yan Thomas, UMR 8178 Institut Marcel Mauss, EHESS, Paris

17h30 – UM Faculté de Droit, amphithéâtre 201 “Pedro de Luna” (14 rue du Cardinal de Cabrières – bât. 2, 2e étage)

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pdfAffiche A3 – PDF294.8 Ko

Résumé :

  Qu’est ce qui justifie, épistémologiquement, de qualifier de « scientifique » une analyse juridique et une controverse, en droit ? Qu’est-ce qu’une analyse juridique de la réalité juridique, scientifiquement conquise et scientifiquement justifiée ? Pourquoi dans la cité idéale des savants, où tout le monde jouerait véritablement le jeu de la science, et de la science seulement, les controverses scientifiques seraient inutiles, laissant place à des adoptions justifiées de stratégies, de théories distinctes, a posteriori comparées quant à leurs fertilités scientifiques ?
  Les controverses scientifiques en droit peuvent être des controverses en épistémologie juridique et porter sur la conception même de la science du droit ; elles peuvent être des controverses en théorie du droit, autrement dit avoir traits aux moyens de la science, aux instruments de la science du droit. Elles peuvent aussi avoir pour objet tel ou tel résultat de l’opération de description d’un ou de systèmes juridiques. Cette enquête sur les controverses et le progrès scientifique devra offrir les moyens de comprendre ce qui fait la différence, en droit, entre des controverses a-scientifiques, des controverses faussement scientifiques, des controverses se soumettant partiellement aux exigences de la science et des controverses véritablement scientifiques, au regard des enseignements contemporains de l’épistémologie juridique et générale. Il s’agira d’analyser ainsi ce qui distingue les controverses qui jouent le jeu de la science, en respectant ses contraintes, au point de faire progresser la science du droit vers une plus grande capacité à découvrir ce qui est caché, et celles qui ne font que refléter des idéologies qui contribuent à recouvrir la réalité juridique. On étudiera par exemple, la controverse née entre Jean Rivero et Bernard Chenot en 1951, en droit administratif français, censée répondre à la question de savoir « s’il faut faut tuer les catégories juridiques ? » (M. Waline) et opposer « conceptualisme » et « empirisme » en droit administratif français, mais aussi la controverse intervenue en 2004 en droit constitutionnel, entre Michel Troper et Otto Pfersmann, censée répondre à la question de savoir si les normes de droit constitutionnel sont analysables scientifiquement, et opposer normativisme analytique et normativisme réaliste. On reviendra aussi sur la controverse en droit constitutionnel relative à l’étude de la signification de l’article 13 de la Constitution de la République française, intervenue en 1986, et opposant alors le président de la République et le Premier ministre, quant à la signification de cette formulation de norme.
  Les progrès scientifiques dépendent d’un processus d’autonomisation scientifique des théories et pratiques scientifiques, y compris lorsque ces dernières prennent la forme de controverses.

Affiche HiPhiS 2018-12-11M – R. Ponsard


 


Conférences à venir


Mardi 15 janvier 2019 [nouvelle date – initialement prévue le 6 novembre 2018]
Les controverses autour du DSM
   Steeves Demazeux

  Historien et philosophe des sciences et de la médecine, MCF à l’Université Bordeaux-Montaigne – laboratoire SPH EA 4574

17h30 – UM Faculté de Médecine, Salle des Actes (2, rue de l’École de médecine – Tram 4 “Peyrou – Arc de Triomphe”)

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pdfAffiche A3 – PDF275 Ko

(reprogrammation de la conférence annulée le 6 novembre 2018)

Résumé :

  La publication aux États-Unis en 1980 de la troisième édition du Manuel Diagnostique et Statistique des Troubles Mentaux (DSM-III) a constitué un événement majeur dans l’histoire de la psychiatrie moderne. Très vite traduite en de nombreuses langues, cette classification standardisée d’un genre nouveau a contribué à consacrer l’hégémonie de la psychiatrie américaine sur la scène internationale.
  Dans cet exposé, je détaillerai les éléments qui, à partir des années 1980 jusqu’à aujourd’hui, ont fourni la matière à différentes controverses autour des principes et des usages de cette classification. Il s’agira en particulier de comprendre, au-delà des querelles d’école entre traditions cliniques différentes, sur quoi repose la difficulté récurrente (sinon l’impossibilité) d’obtenir un consensus a minima en nosologie psychiatrique.

Bibliographie :

□ S. Demazeux, Qu’est-ce que le DSM ? – Genèse et transformations de la bible américaine de la psychiatrie, Paris, Ithaque, 2013. ISBN 978-2-916120-36-2 | site éditeur

Affiche HiPhiS 2019-01-15M – S. Demazeux [reprogrammation]


 


À suivre — cycle HiPhiS 2019
Représentations, analogies, abstractions

  Programmation en préparation.

Argument

Argument :

  La notion de représentation permet d’interroger le statut de l’objet scientifique et des modalités selon lesquelles on le donne à voir dans la pratique scientifique elle-même. S’agit-il d’un double du réel ? S’agit-il d’une idéalisation ? S’agit-il d’une abstraction ? La représentation nous donne-t-elle accès à ce qui échapperait autrement à la perception sensible (représentation d’atomes, de molécules, etc) ? Ou s’agit-il de donner à voir ce qui relèverait en principe du pur concept (statut des objets mathématiques par exemple) ? En sciences, la réalité ne se réduit pas à des représentations donnant lieu à des preuves formelles, pas plus qu’elle ne se réduit à des manifestations donnant lieu à des preuves empiriques. Mais comment raisonner de manière correcte sur des objets qui ne sont pas toujours parfaitement déterminés ? Comment se représenter ce qui en eux n’est pas encore connu ?
  Si les représentations renvoient plutôt aux objets de la science, à leur rapport au réel, au rôle de la sémiotique, etc, de leur côté l’analogie et l’abstraction renvoient aux méthodes de la science, à ses modes de raisonnement : abstraire, c’est isoler des aspects communs à différentes situations (en s’extrayant des contextes) de façon à établir des résultats généraux et permettre des unifications. Les analogies permettent le transfert de méthodes et d’intuitions d’une situation ou d’un domaine vers un autre, alors que l’application de ces méthodes ou intuitions aurait pu ne pas être considérée comme légitime a priori mais peut se révéler particulièrement féconde d’un point de vue heuristique ; ainsi, Maxwell s’était-il explicitement inspiré des équations de la mécanique des fluides pour formuler ses lois de l’électromagnétisme.
  Or, de même que la construction de représentations mobilise (parfois implicitement) des processus d’abstraction ou d’analogie (cf. la représentation de molécules sous formes de balles reliées par des ressorts), de même ces dernières peuvent-elles rarement se passer de représentations des objets sur lesquelles elles opèrent. Un des problèmes qui peuvent se poser est alors celui de la distorsion ou de l’éloignement par rapport au réel ou aux conditions concrètes que ces procédures et représentations sont susceptibles d’introduire. En théorie du droit par exemple, on distingue le contrôle concret ou abstrait des normes, le second consistant à appréhender la norme sans considération de ses conditions d’application. Ainsi le contrôle de constitutionnalité des lois est dit abstrait — une qualification récemment remise en question dès lors qu’on ne peut plus juger les lois indépendamment de leur interprétation par un magistrat, spécialement depuis l’avènement en 2010 de la question prioritaire de constitutionnalité.