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Cycle HiPhiS 2017 : Causes, fondements, origines

Une dizaine de conférences de mars à décembre 2017 – cycle en cours  [prochaine conférence]

…Le fond précédant la forme

  Pourquoi le ciel est-il bleu le jour et noir la nuit ? Pourquoi le climat change-t-il si rapidement depuis le début du XXe siècle ? Expliquer, est-ce justifier ? Derrière ces interrogations figure un moteur essentiel de la démarche scientifique et des relations entre sciences et société : la recherche et des causes et/ou des origines. Dans le prolongement du cycle 2016 sur la complexité, ce nouveau cycle HiPhiS souhaite interroger conjointement deux problématiques majeures et les liens qui les unissent : d’une part la causalité qui met en jeu des lois, règles, ou normes régissant l’enchaînement des phénomènes (déterminismes), d’autre part l’origine qui questionne les commencements, fondements, principes ou causes premières (sources) – la causalité impliquant répétition alors que l’origine ne se répète pas.
  La question de l’origine est au cœur des imaginaires sociaux. Longtemps domaine privilégié de la métaphysique et de la philosophie, elle constitue également une préoccupation des disciplines scientifiques, historiquement d’abord en biologie (origine des espèces ou du vivant) puis en physique (origine du cosmos), l’« origine » présentant ici une bipolarité sémantique que le sens commun a souvent du mal à départir : « commencement » ou « cause première », selon que l’on se place dans une perspective historique ou ontologique. Parallèlement, au tournant du XXe siècle, la recherche des bases ultimes des mathématiques a confronté celles-ci à une véritable « crise des fondements ».
  De son côté, l’acception commune de causalité est parfois malmenée dans certaines disciplines : juridiques (qui privilégient le concept d’imputation), en physique quantique, ou encore dans les processus de chaos déterministe, par exemple. Lorsque de très nombreuses causes sont impliquées dans un phénomène complexe, peut-on en identifier une qui soit déterminante ? Enfin, comment la causalité se distingue-t-elle de la simple corrélation ? On pense par exemple à cette « ontologie aveugle » inhérente aux Big Data, dont l’exploitation automatisée révèle des corrélations d’une précision stupéfiante, sans pour autant identifier des causalités claires ni proposer des théories explicatives à ces corrélations…

Programmation en cours de finalisation, quelques détails à venir – une ou deux conférences viendront éventuellement compléter ce programme.

 


Mardi 07 mars 2017
L’émigration russe : l’exemple du mathématicien Vladimir A. Kostitzin (1883–1963)
   Thomas Perfettini

   Enseignant de mathématiques en CPGE, doctorant en histoire des mathématiques à l’Université Pierre & Marie Curie – Paris 6 (Laboratoire de Probabilités et de Modèles Aléatoires)

17h30 – UM IAE, amphithéâtre Robert Reix (campus Triolet, bât. 29)

Résumé, affiche

pdfAffiche A3 – PDF442.3 Ko

Invitation conjointe avec l’IMAG – Institut Montpelliérain Alexandre Grothendieck

Résumé :

  La présence de scientifiques dans l’émigration russe en France après les révolutions de 1917 a été peu étudiée en historiographie. Outre les problèmes classiques du déracinement, la place centrale que la société soviétique en construction prétendait donner à la science a pu être une autre source d’hésitation pour des scientifiques envisageant l’exil.
  Parmi eux figure Vladimir Alexandrovitch Kostitzin (1883–1963). Revenu en Russie après ses études en France, il se tourne vers divers domaines de la physique ; sympathisant actif du régime soviétique, il y occupe plusieurs postes importants entre 1919 et 1928, lorsqu’il s’exile définitivement en France, fuyant la dictature stalinienne.
  Privé de position institutionnelle, Kostitzin poursuit ses travaux scientifiques et confirme son attrait pour les applications des mathématiques, notamment à des questions biologiques. Correspondant assidû du mathématicien Vito Volterra (qui préféra comme lui des représentations analytiques « déterministes »), Kostitzin fut également en relation avec des biologistes évolutionnistes tel Georges Teissier à Roscoff, ce qui le plaça dès 1937 aux sources d’une nouvelle discipline, la biologie mathématique.

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L’émigration russe : l’exemple du mathématicien Vladimir A. Kostitzin (1883–1963)

Thomas Perfettini
Enseignant de mathématiques en CPGE, doctorant en histoire des mathématiques à l’Université Pierre & Marie Curie – Paris 6 (Laboratoire de Probabilités et de Modèles Aléatoires)

 

  Cet exposé étudie le cas du mathématicien russe Vladimir Kostitzin, qui résida à Paris à partir de 1928. La présence de scientifiques dans l’émigration russe en France à la suite des révolutions de 1917 est un sujet qui avait été peu étudié par l’historiographie en dehors de la Russie, où elle s’est d’ailleurs appuyée essentiellement sur des sources d’archives locales, et l’exploration des documents présents en France à laquelle je me suis livré depuis quelques années restait encore largement à faire. À l’instar de toute émigration, le déracinement que connurent les dizaines de milliers d’anciens sujets de l’empire russe fuyant le pays par vagues successives soulève de nombreuses questions : quelle place ces personnes allaient-elles occuper dans les pays d’accueil ? Quels rôles pouvaient-ils prendre au sein de ces sociétés entièrement nouvelles pour eux ? Comment survivre à un tel changement de cadre et à l’abandon de tous leurs repères ? Mais pour le cas de certains scientifiques, une interrogation provient en outre de la place centrale que la société soviétique en construction prétendait donner à la science, source d’hésitation supplémentaire pour un voyage sans retour.

  Parmi ces derniers on trouve Vladimir Alexandrovitch Kostitzin (1883–1963). Après avoir suivi des études de mathématiques fondamentales en France, il retourne en Russie et se tourne vers l’astronomie, l’astrophysique et la cosmologie, publie quelques articles d’histoire des sciences et se spécialise également en géophysique. Sympathisant actif du régime soviétique, il occupe plusieurs postes importants après 1919 et devient en 1927 directeur de l’Institut de Physique du Globe de Moscou, mais traverse néanmoins avec difficulté la situation instable et dangereuse du communisme de guerre avant de bénéficier de la relative mais brève accalmie offerte par la NEP (Nouvelle Économie Politique).

  En 1928, quand la dictature stalinienne se met progressivement en place, il réussit à émigrer définitivement en France et perd toutes les positions institutionnelles qu’il occupait alors en URSS. Jusqu’en 1937, il demeure sans poste académique mais continue son travail scientifique qui, peu à peu, prend un nouveau tournant. Confirmant son attrait pour les applications des mathématiques, il s’intéresse de plus en plus à des questions biologiques. Dès lors, il va se trouver au centre d’un réseau de scientifiques engagés dans cette nouvelle discipline qu’est la biologie mathématique. Il y conçoit un rôle pour les mathématiques voisin de celui qu’elles occupent à travers la physique mathématique. À l’instar du mathématicien italien Vito Volterra dont il devient un correspondant assidu, Kostitzin fait appel à des représentations analytiques où l’aléatoire n’entre pas en considération. Il est tout à fait possible, comme certains l’ont évoqué, que sa méfiance envers les probabilités ait été alimentée par les controverses autour d’une interprétation recevable de l’aléatoire par la doxa marxiste-léniniste dont il avait été témoin dans les années 1920 à Moscou. Kostitzin fut également en relation avec certains biologistes évolutionnistes comme Georges Teissier, membre de la station biologique de Roscoff, où son épouse Julie avait travaillé. Ces contacts personnels et professionnels le conduisirent au CNRS dès sa mise en place en 1937 et à la publication la même année d’un ouvrage entièrement consacré à la « biologie mathématique ». Kostitzin fut d’ailleurs avec Volterra, le premier auteur de notes aux CRAS étiquetées « biologie mathématique ».

 

Affiche HiPhiS 2017-03-07 T. Perfettini

Affiche HiPhiS 2017-03-07 T. Perfettini


 


Mardi 28 mars 2017
Origines de la démonstration mathématique
   Gilbert Arsac

   Mathématicien, historien et didacticien des mathématiques, Professeur honoraire à l’Université Claude Bernard Lyon 1

17h30 – UM Polytech, amphithéâtre Serge Peytavin (campus Triolet, bât. 31)

Résumé, affiche

pdfAffiche A3 – PDF432.6 Ko

Invitation conjointe avec l’IMAG – Institut Montpelliérain Alexandre Grothendieck

Résumé :

  Vers les quatrième et troisième siècle avant J-C se produit en Grèce une transformation des mathématiques concrétisée par la rédaction des « Éléments » d’Euclide, le livre le plus diffusé dans le monde après la Bible, et dont l’originalité essentielle est de présenter les mathématiques comme une connaissance logiquement organisée par des démonstrations rigoureuses, ce qu’on ne retrouve dans aucune autre civilisation.Vers la même époque, les Grecs découvrent, et là aussi ils sont les seuls à le faire, les phénomènes d’incommensurabilité en géométrie et d’irrationalité dans le domaine des nombres.
  L’exposé précisera les données historiques et examinera quelle part possible dans ces révolutions peut revenir aux motivations internes aux mathématiques ou aux débats philosophiques généraux dans la Grèce contemporaine.

Affiche HiPhiS 2017-03-28M G. Arsac


 


Mardi 25 avril 2017
La langue peut-elle être l’objet d’une science ?
   Alain Lecomte

   Logicien, Professeur émérite de sciences du langage, Université Paris-8 Saint-Denis

17h30 – UM IAE, amphithéâtre Robert Reix (campus Triolet, bât. 29)

Résumé, affiche

pdfAffiche A3 – PDF371 Ko

Invitation conjointe avec le LIRMM – Laboratoire d’Informatique, de Robotique et de Microélectronique de Montpellier

Résumé :

  Depuis Saussure et son fameux Cours de Linguistique Générale, la linguistique revendique son statut de science autonome. Le structuralisme aurait ainsi jeté les bases d’une reconnaissance de la langue comme objet spécifique (une unité autonome de dépendances internes, disait Hjelmslev) mais la lecture de Saussure s’est révélée non univoque, d’autres textes, publiés bien plus tardivement (en 2002) ont mis en doute la stabilité ontologique de l’objet-langue. D’un autre côté, le Chomsky des années cinquante proposait une véritable mathématisation de la syntaxe sur les traces des découvertes toutes récentes des logiciens (Post, Turing…) sur les langages artificiels. Montague allait même jusqu’à ne faire aucune différence entre ces langages artificiels et nos langues dites « naturelles » (au lieu de « culturelles »). On pouvait donc penser aller sur le chemin de la constitution de la langue comme objet scientifique, puisque même les mathématiques s’y appliquaient. Chomsky néanmoins eut tôt fait de se séparer de cette conception positiviste : la langue n’est plus, à partir des années quatre-vingt, pour lui « l’ensemble récursivement énumérable » des phrases que l’on peut fabriquer au moyen d’un vocabulaire (E-language) mais elle est un organe mental, hautement individualisé (I-language). C’est dire que la science sur laquelle se fonde la linguistique n’est plus la mathématique mais la biologie.

  On peut néanmoins revenir sur ces décisions et les analyser d’un point de vue historique. Même si la langue a un substrat biologique, elle ne tombe pas pour autant du côté du non-mathématisable, ou plus précisément du non-calculatoire. Il est encore possible de concevoir une linguistique calculatoire, même si elle n’est pas forcément attachée à l’idée d’un automate que nous aurions dans la tête, à condition peut-être de reprendre l’hypothèse chère à Sylvain Auroux selon laquelle les structures cognitives sont, en partie au moins, extérieures à l’individu, dépendantes d’instruments externes (dictionnaires, bibliothèques) et de productions sociales des connaissances (littérature, etc). On s’intéressera en ce cas davantage aux structures de l’interaction (dialogue par exemple, si tant est qu’il n’est de langage que pour et par l’interaction dialogique) qu’aux productions d’un sujet isolé.

Affiche HiPhiS 2017-04-25 A. Lecomte


 


Mardi 09 mai 2017
L’origine des maladies mentales
   Bruno Falissard

   Médecin psychiatre, Professeur de santé publique à l’Université Paris-Sud

17h30 – UM Polytech, amphithéâtre Serge Peytavin (campus Triolet, bât. 31)

Résumé, affiche

pdfAffiche A3 – PDF362.6 Ko

Résumé :

  Il est d’usage de dire que les hommes s’interrogent plus souvent sur l’origine possible de leurs malheurs que sur celle de leur bonheur. La pratique clinique le confirme : les patients sont tout autant interpelés par les causes de leur maladie que par leur pronostic, qui pourtant devrait les affecter bien plus directement.

  La question de la causalité en médecine est donc essentielle ; elle soulève cependant de nombreuses difficultés, et ce tout particulièrement en psychiatrie. La psychanalyse a par exemple longtemps proposé des schémas explicatifs à première vue incompatibles ou inconciliables avec les données actuelles proposées par les neurosciences.

  Alors, cause ou origines des maladies mentales, comment y voir un peu plus clair ?

Affiche HiPhiS 2017-05-09M B. Falissard


 


Mardi 13 juin 2017
Quand la biologie se demande “pourquoi ?” : de l’histoire de la métaphore de “programme génétique” à l’evo-devo
   Alexandre Peluffo

   Biologiste de l’évolution et historien, doctorant à l’Institut Jacques Monod, CNRS, Université Paris-Diderot

17h30 – UM IAE, amphithéâtre Robert Reix (campus Triolet, bât. 29)

Résumé, affiche

pdfAffiche A3 – PDF379.8 Ko

Résumé :

  En biologie, la question du “pourquoi ?” est devenue scientifique grâce aux travaux de Darwin. Auparavant, elle fut longtemps l’apanage de la téléologie, étude théologique des causes finales, quatrième et ultime cause d’Aristote. Dans les années 1960, le biologiste Ernst Mayr théorisa ce changement de paradigme autour de la métaphore de “programme génétique” et l’opposition entre les questions de type “comment?”, qui interrogent le fonctionnement et décodage de ce programme, et les questions de type “pourquoi?” qui cherchent à expliquer l’écriture du programme via sa variation et transmission au cours des générations. Au même moment, Jacques Monod et François Jacob, qui venaient de découvrir la transcription, proposèrent la même métaphore et en tirèrent les mêmes conclusions. Je reviendrai sur l’histoire de cette convergence, son importance pour la question des causes en biologie et son lien avec les travaux actuels en Evo-Devo, discipline qui cherche à comprendre comment et pourquoi la biodiversité morphologique a évolué.

(N.B. Virginie Courtier-Orgogozo, initialement programmée à cette date, a dû reporter sa venue pour raison de santé)

Affiche HiPhiS 2017-06-13M A. Peluffo


 


Mardi 20 juin 2017
Les phénomènes émergents en économie – le cas des institutions
   Bernard Walliser

   Économiste, D.R. CNRS émérite, Paris Sciences Économiques, ENS Paris

17h30 – UM IAE, amphithéâtre Robert Reix (campus Triolet, bât. 29)

Résumé, affiche

pdfAffiche A3 – PDF595.7 Ko

Résumé :

  Les phénomènes d’émergence, en sciences physiques ou sociales, renvoient à la difficulté de modéliser des phénomènes macroscopiques à partir des propriétés d’entités microscopiques sous-jacentes. Cette difficulté peut être de nature épistémique ou plus profondément de nature ontologique, au niveau des concepts comme des relations. Un tel phénomène sera illustré par l’apparition spontanée d’institutions dans une société, à l’image du marché ou de la monnaie. Une institution a pour rôle de coordonner les actions des agents face à des défaillances analysables dans le cadre de la théorie des jeux. Toute institution apparaît alors comme une norme de comportement qui supporte tel ou tel équilibre d’un jeu. La genèse de cet équilibre peut se faire par voie éductive (à travers les seuls raisonnements sophistiqués des agents) ou par voie évolutionniste (à travers des processus d’apprentissage des agents).

Bibliographie sommaire :

Aoki, M. (2001). Towards a comparative institutional analysis, MIT Press.
Bicchieri, C., Skyrms, B. eds (1997). The dynamics of norms, Cambridge University Press.
Douglas, M. (1989). Ainsi pensent les institutions, Paris, Usher.
Guala, F. (2016). Understanding institutions, Princeton University Press.
Hayek, F. von (1973). Laws, legislation and liberty, University of Chicago Press.
Lewis, D. (1969); Convention, a philosophical study, Harvard University Press.
North, D. (1990). Institutions, institutional change and economic performance, Cambridge University Press.
Sethi, R. (1999). Evolutionary stability and media of exchange, Journal of Economic Behavior & Organization, 40(3): 233–254.
Sugden, J. (2005). The economics of rights, cooperation and welfare, Oxford, Basil Blackwell.

Affiche HiPhiS 2017-06-20M B. Walliser


 


Prochaine conférence


Mardi 26 septembre 2017
Thème : sciences politiques – titre non communiqué
   Cédric Moreau de Bellaing

    MCF en sociologie du droit et sciences politiques, ENS Paris, EHESS

17h30 – lieu à préciser

Détails à venir

Résumé et affiche à venir…

 


Conférences à venir


Mardi 17 octobre 2017 [conférence reportée au 12 décembre]
Thème : droit – titre non communiqué
   Michel Troper

  Juriste, Professeur émérite de droit constitutionnel à l’Université Paris-Ouest Nanterre

 


Mardi 14 novembre 2017
Thème : astrophysique/cosmologie – titre non communiqué
   Éric Gourgoulhon

   Astrophysicien, D.R. CNRS, LUTh Observatoire de Paris

17h30 – UM lieu à préciser

Détails à venir

Résumé et affiche à venir…

 


Mardi 28 novembre 2017
Sociologie durkheimienne et méthode génétique : l’argument de l’origine comme révélateur des ontologies sociales
   Jean-Christophe Marcel

   Sociologue, Professeur à l’Université de Bourgogne – Dijon

17h30 – UM lieu à préciser

Résumé (affiche à venir)

Résumé :

  Durkheim expliquait dès 1895 dans Les Règles de la méthode sociologique, que pour rendre compte d’un fait social, il faut comparer les différentes formes qu’il présente. Ceci afin de constituer le type le plus rudimentaire pour suivre ensuite pas à pas la manière dont il s’est compliqué. Cette méthode devait selon lui pouvoir donner d’un coup l’analyse et la synthèse d’un phénomène, en montrant à l’état dissocié les éléments qui le composent, et la façon dont ils se sont surajoutés au cours du temps. Ce champ de comparaison était mieux en état selon lui de déterminer les conditions dont dépendent la formation et l’association des éléments d’un phénomène.
  Dans le cas de la question de l’origine sociale de la connaissance de soi et du monde, l’utilisation de la méthode génétique permet de montrer que l’analyse sociologique était, chez Durkheim et ses collaborateurs, non seulement adossée à une conception évolutionniste du devenir des sociétés, mais aussi à une ontologie sociale très particulière pour penser la société. À ce titre, la question de l’origine, au croisement de la réflexion sur la causalité et de la métaphysique, s’avère être ici un bon révélateur des « présupposés », ou axiomes — au sens de proposition indémontrable au fondement d’une théorie — sur lesquels s’est bâti un programme entier de recherche sociologique.

 


Mardi 12 décembre 2017 [nouvelle date – initialement prévue le 17 octobre]
Thème : droit – titre non communiqué
   Michel Troper

  Juriste, Professeur émérite de droit constitutionnel à l’Université Paris-Ouest Nanterre

17h30 – UM lieu à préciser

Détails à venir

Résumé et affiche à venir…

 


Archives du séminaire HiPhiS

Retrouvez dans cette rubrique les résumés et les affiches des conférences du séminaire HiPhiS passées depuis 2009, par cycles thématiques, ainsi que des documents associés lorsque disponibles.

De 2009 à 2013, certaines conférences ont bénéficié d’une captation vidéo par le service audiovisuel de la MSH-M ou par la WebTV de l’UM2 (cette dernière a été absorbée en 2015 par la WebTV UM). Ces vidéos sont disponibles en ligne et en téléchargement sur leurs plateformes respectives, en suivent les liens repérés par les icônes MSH-M.TV ou WebTV UM.


Cycle 2009–2010 : Langages scientifiques, langages éthiques

12 conférences programmées de mai 2009 à juin 2010

  Ce nouveau séminaire inter-universitaire de vulgarisation de haut niveau sur la science contemporaine, vise à attirer l’attention de l’ensemble de la communauté universitaire (enseignants et étudiants) sur l’intérêt interdisciplinaire et les enjeux philosophiques des recherches accomplies dans les équipes et les laboratoires de nos universités, ainsi que dans la communauté scientifique internationale.

  En définitive, il s’agit de rencontres où les regards sont croisés, en prise directe avec les problèmes qu’affrontent les diverses disciplines et avec le grand espoir – fondé par Dominique Lecourt dans son rapport au Ministre sur l’enseignement de la Philosophie des Sciences – que si l’on prend soin d’analyser philosophiquement l’histoire des conceptions, théorisations et formalisations dont ces problèmes portent la trace, ce questionnement s’avèrera utile à la recherche elle-même.

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Cycle 2010–2011 : Objectivité / Subjectivité

7 conférences programmées de novembre 2010 à novembre 2011

  Nous avons pris l’habitude de définir la science en termes d’objectivité, traçant une frontière nette avec la sphère de la subjectivité. Mais l’histoire nous apprend que cette notion d’objectivité est récente : elle apparaît au milieu du XIXe siècle puis se diffuse largement. Elle revêt diverses figures : l’objectivité mécanique, où l’automatisation des procédés est censée déjouer la partialité de l’observateur ; l’objectivité structurale, où l’on recherche des relations de plus en plus abstraites ; puis par réaction l’affirmation du rôle de l’expert : le jugement instruit. Ce thème, qui traverse l’ensemble des disciplines représentées dans le séminaire HiPhiS, nous permettra d’interroger cette distinction à la lumière des recherches actuelles.

Cycle en partenariat avec le programme MSH-M « Science et société »

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Intermède : printemps 2012

3 conférences programmées d’avril à mai 2012

  Mini-cycle sans thématique, dont la programmation est réduite en l’absence de financements institutionnels cette année.

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Cycle 2012–2013 : Relations et relativisme

6 conférences programmées d’octobre 2012 à juin 2013

  Les sciences décrivent des objets et des relations entre ces objets : description de l’électron et de ses relations au temps et à l’espace par le physicien, par exemple, ou description d’une cellule et de ses relations à l’organisme vivant par le biologiste, ou encore description d’un individu et de ses relations à la société pour le sociologue, etc. Ainsi, établir des « relations » entre des objets constitue-t-il un moment essentiel de l’activité scientifique. Peut-être même « son » moment essentiel.

  En tout cas, l’épistémologie contemporaine déplace de plus en plus son attention vers cette activité d’établissement de relations. En d’autres termes, elle s’intéresse de plus en plus aux relations et de moins en moins aux objets. Elle souligne le fait que la science contemporaine a mis en évidence, dans tous les domaines, de nouvelles relations. Mais qui dit relation ne dit-il aussi relatif ? Cette nouvelle épistémologie ne débouche-t-elle pas sur un relativisme ?

  Cinquante ans après la publication de l’ouvrage « The Structure of Scientific Revolutions » de Thomas Kuhn, ouvrage qui a introduit le relativisme au coeur de l’épistémologie, qu’en est-il de la tension entre positivisme (qui s’intéresse prioritairement aux objets) et relativisme (qui s’intéresse prioritairement aux relations) ? Quel rôle jouent les normes et les valeurs dans cette tension persistante et comment sont-elles fixées ? Qu’en est-il de la présumée « neutralité axiologique » du chercheur (le chercheur est censé être neutre et n’avoir aucune « préférence » pour une version ou pour une autre de la réalité) ? Ces questions méritent d’être posées à la lumière des tendances qui s’affirment actuellement dans l’épistémologie. C’est ce que nous ferons dans le cycle « relations et relativisme ».

  Enfin, le séminaire HiPhiS s’associe à la commémoration du centenaire de la disparition de Henri Poincaré (1854–1912), mathématicien, physicien et philosophe. Une conférence lui est plus spécialement consacrée.

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Cycle 2014 : La fiction et la science : éternels ennemis, éternels complices

7 conférences programmées de février à décembre 2014

  Science et fiction constituent deux productions de l’esprit humain qui, au premier abord, paraissent dériver d’activités radicalement opposées. La science produit des images du réel qui se veulent vraies, vérifiables et vérifiées. La fiction produit des images irréelles et assumées comme telles. Quoi de plus opposé, si on s’en tient à cette caractérisation, que la science et la fiction ? Pourtant, un certain nombre d’indices signalent qu’il pourrait bien s’agir là d’une idée aussi naïve que fausse. D’une part, bien sûr, il existe un champ littéraire baptisé justement « science fiction », donc est défini un terme qui allie les deux notions prétendument opposées. D’autre part, de nombreux récits de scientifiques montrent que les processus de découverte mettent en jeu des fictions particulières souvent appelées « expériences de pensée ». Ainsi donc, loin d’être aux antipodes l’un de l’autre, la science et la fiction pourraient bien être aussi solidaires que les deux faces d’une même pièce.

  Au cours de ce cycle du séminaires HiPhiS, nous examinerons ces divers aspects du rapport entre science et fiction en parcourant les différents domaines scientifiques. Les mathématiques, libres créations de l’esprit humain, sont-elles des fictions logiques ? Les sciences de la nature – physique, chimie, mathématique – s’appuient-elles sur des productions de l’imagination ? Les sciences humaines sont-elles constituées de discours provisoires sur la société et sur l’homme ? L’univers juridique est-il un monde de représentations et de mensonges utiles ? L’intelligence artificielle est-elle la fiction d’une réalité en train d’advenir ? A travers ces questionnements, nous nous interrogerons à la fois sur les rapports entre les sciences et le réel et sur les dimensions épistémiques du processus de création scientifique.

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Cycle 2015–2016 : Simplicité, complexité, globalité

10 conférences programmées de juin 2015 à novembre 2016

« La simplicité est la sophistication ultime. » (Léonard de Vinci)
« Ce qui est simple est toujours faux. Ce qui ne l’est pas est inutilisable. » (Paul Valéry)
« Vous pouvez toujours reconnaître la vérité par sa beauté et sa simplicité. » (Richard Feynman)

  L’appréhension des phénomènes complexes est un enjeu décisif pour le développement de la rationalité scientifique. Cependant la science continue de fonctionner par application du principe de simplicité : sans simplification, point de science. Les progrès des sciences passent, en effet, presque toujours par une recherche de la plus grande simplicité explicative. A-t-on affaire ici à une opposition entre un monde complexe et des explications toujours trop simples, comme le suggère Valéry ? Ou bien cet antagonisme ne serait-il qu’apparent ? Le cycle 2016 du séminaire HiPhiS se propose d’examiner les rapports du simple et du complexe dans les différents champs scientifiques où il se présente : des sciences formelles aux sciences humaines en passant par les sciences de la matière et les sciences du vivant. A-t-on d’ailleurs affaire à la même complexité lorsqu’il s’agit d’algorithmes, de physique, de chimie, de biologie ou d’organisations sociales ? Comment, au demeurant, définir la complexité et les notions qui lui sont traditionnellement associées : information, système, émergence ? La complexité exprime-t-elle les relations entre le tout et les parties ? La maîtrise de la complexité dans la simplicité passerait-elle par la notion de globalité ? Ce sont quelques-unes des questions auxquelles nous inviterons les participants de ce cycle du séminaire HiPhiS à proposer leurs réponses.

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Cycle HiPhiS 2017, en cours : Causes, fondements, origines

Une dizaine de conférences programmées de février à décembre 2017

…Le fond précédant la forme

  Pourquoi le ciel est-il bleu le jour et noir la nuit ? Pourquoi le climat change-t-il si rapidement depuis le début du XXe siècle ? Expliquer, est-ce justifier ? Derrière ces interrogations figure un moteur essentiel de la démarche scientifique et des relations entre sciences et société : la recherche et des causes et/ou des origines. Dans le prolongement du cycle 2016 sur la complexité, ce nouveau cycle HiPhiS souhaite interroger conjointement deux problématiques majeures et les liens qui les unissent : d’une part la causalité qui met en jeu des lois, règles, ou normes régissant l’enchaînement des phénomènes (déterminismes), d’autre part l’origine qui questionne les commencements, fondements, principes ou causes premières (sources) – la causalité impliquant répétition alors que l’origine ne se répète pas.
  La question de l’origine est au cœur des imaginaires sociaux. Longtemps domaine privilégié de la métaphysique et de la philosophie, elle constitue également une préoccupation des disciplines scientifiques, historiquement d’abord en biologie (origine des espèces ou du vivant) puis en physique (origine du cosmos), l’« origine » présentant ici une bipolarité sémantique que le sens commun a souvent du mal à départir : « commencement » ou « cause première », selon que l’on se place dans une perspective historique ou ontologique. Parallèlement, au tournant du XXe siècle, la recherche des bases ultimes des mathématiques a confronté celles-ci à une véritable « crise des fondements ».
  De son côté, l’acception commune de causalité est parfois malmenée dans certaines disciplines : juridiques (qui privilégient le concept d’imputation), en physique quantique, ou encore dans les processus de chaos déterministe, par exemple. Lorsque de très nombreuses causes sont impliquées dans un phénomène complexe, peut-on en identifier une qui soit déterminante ? Enfin, comment la causalité se distingue-t-elle de la simple corrélation ? On pense par exemple à cette « ontologie aveugle » inhérente aux Big Data, dont l’exploitation automatisée révèle des corrélations d’une précision stupéfiante, sans pour autant identifier des causalités claires ni proposer des théories explicatives à ces corrélations…

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HiPhiS – Histoire et Philosophie des Sciences

Prochaines conférences HiPhiS (cycle 2017 : « Causes, fondements, origines »)

Mardi 26 septembre 2017, UM lieu à préciser

HiPhiS 2017 – B. Walliser

Conférences à venir

(menu « Conférences »)
Détails du programme…

Les conférences commencent à 17h30 sauf mention contraire ; les lieux et détails sont annoncés dès que possible.


Mardi 26 septembre

 Cédric Moreau de Bellaing,
ENS Paris, EHESS
Thème : sciences politiques – titre non communiqué


Mardi 17 octobre

[conférence de M. Troper reportée au 12 décembre]


Mardi 14 novembre

 Éric Gourgoulhon,
LUTh Observatoire de Paris
Thème : astrophysique / cosmologie – titre non communiqué


Mardi 28 novembre

 Jean-Christophe Marcel,
Université de Bourgogne
  Sociologie durkheimienne et méthode génétique : l’argument de l’origine comme révélateur des ontologies sociales


Mardi 12 décembre

 Michel Troper,
Université Paris-Ouest
Thème : droit – titre non communiqué


 

Présentation du séminaire HiPhiS

  Créé en 2009 et porté par les Universités montpelliéraines et la Maison des Sciences de l’Homme de Montpellier, HiPhiS est un séminaire inter-universitaire de vulgarisation de haut niveau sur la science contemporaine, qui vise à attirer l’attention de l’ensemble de la communauté universitaire (enseignants et étudiants) sur l’intérêt interdisciplinaire et les enjeux philosophiques des recherches accomplies dans les équipes et les laboratoires de nos universités, ainsi que dans la communauté scientifique internationale. En définitive, il s’agit de rencontres où les regards sont croisés, en prise directe avec les problèmes qu’affrontent les diverses disciplines et avec le grand espoir – fondé par Dominique Lecourt dans son rapport au Ministre concernant l’enseignement de la philosophie des sciences – que si l’on prend soin d’analyser philosophiquement l’histoire des conceptions, théorisations et formalisations dont ces problèmes portent la trace, ce questionnement s’avèrera utile à la recherche elle-même.

Le séminaire compte une dizaine de séances par an au rythme d’une par mois environ, organisées autour d’un thème fédérateur annuel. Chaque rencontre d’environ deux heures comporte 1h30 d’exposé, suivi de 30 minutes de débat.

HiPhiS est soutenu par l’Université de Montpellier (UM), l’Université Paul-Valéry-Montpellier (UPVM), la Maison des Sciences de l’Homme de Montpellier (MSH-M), la COMUE Languedoc-Roussillon Universités (anciennement PRES Sud de France), et l’IREM de Montpellier.

Coordination :

Laurent Boiteau (CNRS / UM), Thomas Hausberger (UM Fac des Sciences), Thierry Lavabre-Bertrand (UM Fac de Médecine), Pascal Nouvel (UPVM).

Comité scientifique :

Manuel Bächtold, Laurent Boiteau, Isabelle Busseau, Vincent Devictor, Alexandre Dézé, Muriel Guedj, Thomas Hausberger, François Henn, Jean-Paul Laurens, Thierry Lavabre, Alain Marciano, Pascal Nouvel, Henri Reboul, Christian Retoré, Jean Sallantin, Alexandre Viala.
Anciens membres : Anastasios Brenner, Hélène Hagège, Jean-Philippe Pin.

Conception graphique des affiches : Jean-Baptiste Brisson, Thomas Hausberger, Laurent Boiteau.


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Thème du cycle HiPhiS en cours : « Causes, Fondements, Origines » (2017)

…Le fond précédant la forme

  Pourquoi le ciel est-il bleu le jour et noir la nuit ? Pourquoi le climat change-t-il si rapidement depuis le début du XXe siècle ? Expliquer, est-ce justifier ? Derrière ces interrogations figure un moteur essentiel de la démarche scientifique et des relations entre sciences et société : la recherche et des causes et/ou des origines. Dans le prolongement du cycle 2016 sur la complexité, ce nouveau cycle HiPhiS souhaite interroger conjointement deux problématiques majeures et les liens qui les unissent : d’une part la causalité qui met en jeu des lois, règles, ou normes régissant l’enchaînement des phénomènes (déterminismes), d’autre part l’origine qui questionne les commencements, fondements, principes ou causes premières (sources) – la causalité impliquant répétition alors que l’origine ne se répète pas.
  La question de l’origine est au cœur des imaginaires sociaux. Longtemps domaine privilégié de la métaphysique et de la philosophie, elle constitue également une préoccupation des disciplines scientifiques, historiquement d’abord en biologie (origine des espèces ou du vivant) puis en physique (origine du cosmos), l’« origine » présentant ici une bipolarité sémantique que le sens commun a souvent du mal à départir : « commencement » ou « cause première », selon que l’on se place dans une perspective historique ou ontologique. Parallèlement, au tournant du XXe siècle, la recherche des bases ultimes des mathématiques a confronté celles-ci à une véritable « crise des fondements ».
  De son côté, l’acception commune de causalité est parfois malmenée dans certaines disciplines : juridiques (qui privilégient le concept d’imputation), en physique quantique, ou encore dans les processus de chaos déterministe, par exemple. Lorsque de très nombreuses causes sont impliquées dans un phénomène complexe, peut-on en identifier une qui soit déterminante ? Enfin, comment la causalité se distingue-t-elle de la simple corrélation ? On pense par exemple à cette « ontologie aveugle » inhérente aux Big Data, dont l’exploitation automatisée révèle des corrélations d’une précision stupéfiante, sans pour autant identifier des causalités claires ni proposer des théories explicatives à ces corrélations…

Voir le programme…

Thèmes des cycles HiPhiS précédents (menu « Archives »)

– 2009–2010 : Langages scientifiques, Langages éthiques (12 conférences)
– 2010–2011 : Objectivité, subjectivité (7 conférences)
– 2012 (printemps) : intermède (3 conférences)
– 2012–2013 : Relations et relativisme (6 conférences)
– 2014 : La fiction et la science, éternels ennemis, éternels complices (7 conférences)
– 2016 : Simplicité, complexité, globalité (10 conférences)