2e Journée Épistémologie de l’Université Montpellier 2

Le mercredi 19 juin 2013 de 09h30 à 18h30, UM2 amphithéâtre Dumontet – accès libre

Article associé : Appel à communications par affiches (date limite de soumission : lundi 10 juin 2013)

Les enregistrements vidéo de cetle journée sont disponibles en ligne sur la WebTV de l’UM2 (suivre les icônes WebTV-UM2).


À l’Université Montpellier 2, l’épistémologie est présente à la fois comme domaine de recherche et comme domaine d’enseignement et de formation, mais elle reste encore peu visible pour la majorité des acteurs de l’université.

Cette 2e Journée Épistémologie de l’UM2 organisée sous le patronnage de l’UFR Faculté des Sciences (et plus spécialement du département DESciRE) s’inscrit dans le prolongement de la 1e Journée organisée en juin 2012. Son objectif est de présenter l’épistémologie à un large public au sein de notre université et de vulgariser ses approches. Il s’agira aussi de faire connaître les travaux de recherche en épistémologie et de favoriser l’émergence de projets de recherche prenant en compte les aspects épistémologiques.

Cette journée est ouverte à toutes les personnes intéressées (appartenant ou non à l’UM2) : enseignants/chercheurs, étudiants, enseignants du secondaire et du primaire, médiateurs scientifiques…

Programme de la journée

  • 09h30 – Ouverture
  • 10h00 – Conférence par Bernadette Bensaude-Vincent : Science et opinion – à chacun son ignorance   WebTV-UM2
  • 12h00 – pause-déjeuner
  • 13h30 – Session de communications affichées
  • 14h00 – Conférence par Anne-Françoise Schmid : Épistémologie générique et interdisciplinarité. Le cas Poincaré et ses suites contemporaines   WebTV-UM2
  • 16h00 – pause / Session de communications affichées
  • 16h30 – Table ronde : L’épistémologie dans les sciences d’aujourd’hui (avec Anne-Françoise Schmid, Hugues Chabot, Jean Deutsch)   WebTV-UM2
  • 18h30 – Clôture de la journée

Communications affichées

La soumission de résumés est ouverte jusqu’au lundi 10 juin 2013 – cliquer ici pour voir les détails.

Ces présentations sont ouvertes à tous les chercheurs, enseignants-chercheurs, enseignants et étudiants souhaitant présenter leurs recherches ou leurs enseignements. Tous les domaines scientifiques sont éligibles dans la mesure où la contribution relève d’une perspective épistémologique. Les affiches seront exposées durant toute la journée du 19 juin à proximité des conférences (hall niveau haut du bâtiment 7) ; les deux sessions "affiches" permettront de rencontrer leurs auteurs.

Forum de discussion : L’épistémologie dans les sciences d’aujourd’hui

Pour préparer la table ronde qui terminera cette journée, nous avons ouvert un forum de discussion dans ce site, autour des trois questions suivantes :

  • Pourquoi l’épistémologie occupe-t-elle une place croissante dans la formation et la médiation scientifiques ?
  • Quel est le rôle de l’épistémologie dans le développement des sciences ?
  • La figure du savant-philosophe, telle que l’a incarnée Poincaré, est-elle encore possible de nos jours ?

Vous souhaitez vous exprimer ? Rendez-vous sur la page « Discussion » qui recueillera vos questions, réflexions et commentaires, même si vous ne pouvez pas participer à la journée.


Détails des présentations (cliquer pour afficher/masquer)

Conférence : Science et opinion – à chacun son ignorance   WebTV-UM2

Bernadette Bensaude Vincent, Professeur d’histoire et philosophie des sciences à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, membre de l’Institut Universitaire de France

Distinguer la science de l’opinion est un geste fondamental et fondateur de la science occidentale dans la Grèce antique. Mais c’est une distinction essentiellement normative qui définit un idéal de régime de savoir et ne correspond pas à la réalité des pratiques de recherche. Le partage entre savants et ignorants, entre experts et profanes est à questionner d’un point de vue théorique et, de fait, se trouve bousculé en pratique.

Conférence : Épistémologie générique et interdisciplinarité. Le cas Poincaré et ses suites contemporaines   WebTV-UM2

Anne-Françoise Schmid, Institut National des Sciences Appliquées de Lyon et Laboratoire d’histoire des sciences et de philosophie Archives Henri Poincaré

L’interdisciplinarité a besoin d’une nouvelle épistémologie, qui ne dépende pas directement des disciplines. Un cas historique d’une telle épistémologie existe dans l’histoire, celle de Poincaré, dont le critère de scientificité n’était ni la vérification, ni la réfutation, ni le programme de recherche, ni l’anarchie, ni le paradigme. Nous mettrons en évidence le fonctionnement de l’épistémologie de Poincaré, son originalité, ses affinités avec une épistémologie générique. Nous montrerons aussi ce qu’il faut y modifier pour pouvoir rendre compte des sciences contemporaines.

Table ronde : L’épistémologie dans les sciences d’aujourd’hui   WebTV-UM2

Animée par Laurent Boiteau – intervenants invités : Anne-Françoise Schmid, Hugues Chabot, Jean Deutsch (*).
La réflexion sera guidée par ces trois questions :
– pourquoi l’épistémologie occupe-t-elle une place croissante dans la formation et la médiation scientifiques ?
– quel est le rôle de l’épistémologie dans le développement des sciences ?
– la figure du savant-philosophe, telle que l’a incarnée Poincaré, est-elle encore possible de nos jours ?

(*) Hugues Chabot, historien des sciences, est maître de conférences à l’Université Lyon 1 – S2HEP (Sciences et Société ; Historicité, Éducation et Pratiques) ;
Jean Deutsch, biologiste, est Professeur émérite à l’Université Pierre et Marie Curie (Paris 6); il présentera une conférence mardi 18 juin à l’UM2 dans le cadre des séminaires HiPhiS.

Communications affichées – résumés acceptés (cliquer pour afficher/masquer)

Lorsque le résumé comporte plusieurs co-auteurs, le nom de l’auteur présentant la communication est souligné – liste mise à jour le mercredi 19 juin 2013. Cliquer sur les icônes jpg pour voir les affiches.

L’implication, une notion complexe et polysémique  jpgJPG 532.9 Ko

Viviane Durand‐Guerrier, Université Montpellier 2

L’implication joue un rôle central en mathématiques, tant pour énoncer des résultats généraux que pour faire des inférences. Un usage naturalisé de ce connecteur logique tend à cacher la complexité et la polysémie de ce terme. Nous donnerons quelques jalons de l’élaboration de ce concept depuis l’antiquité grecque jusqu’au début du XXe siècle, mettant en lumière cette complexité et cette polysémie, et nous montrerons sur quelques exemples la pertinence de ces analyses pour une étude didactique des difficultés liées à l’usage de l’implication dans l’activité mathématique en classe.

Le plan incliné de Galilée, une expérience phare de la physique moderne noFile

Élodie Valette, Matthieu Compin, Stéphane Rivoire, Denis Puy, LUPM, UM2/CNRS

La Physique expérimentale, jusqu’à la fin du seizième siècle, “n’existe pas” au sens où nous l’entendons aujourd’hui. Elle s’appuie en effet soit sur des considérations philosophiques soit sur une axiomatique purement mathématique. En 1604, Galileo Galilei dit Galilée réalise une série d’expériences (réelles ou de pensées) autour du mouvement, et va ainsi ouvrir un vaste champs de questionnements. Son expérience de chute libre à l’aide d’un plan incliné, l’une des plus emblématiques,va permettre de clore près de quinze siècles de dogme aristotélicien sur le mouvement naturel d’un corps ou son corollaire l’impetus. Cette approche expérimentale va être la source de quantités de nouveaux concepts introduits par de brillants physiciens tels que Hooke, Newton, Huygens ou encore Einstein. Ce poster est issue d’une étude réalisée dans le cadre d’un stage de Master M2 "Cosmo, Champs et Particules" et "Histoire Philosophie et Didactique des Sciences" effectué par Élodie Valette. Nous nous proposons de montrer l’importance didactique et les perspectives pédagogiques que cette expérience du plan incliné peut apporter en milieu scolaire.

Relationships between epistemological beliefs, conception about teaching and learning, dogmatism, cognitive flexibility, and social desirability among French science university students  jpgJPG 487.6 Ko

Thi Quynh Huong Dang, Université Montpellier 2

More empirical work is needed to examine relations between dimensions of epistemological beliefs and conception about teaching and learning. In additional, there is great need to investigate their relations to dogmatism, cognitive flexibility, and social desirability across French academic contexts. Psychometric tools that were used in this study are: (1) Epistemological Belief of Science Scale and Conception about Teaching and Leaning Scale developed by us (Dang & Hagège 2011; 2013), (2) Dogmatism Scale (Shearman & Levine, 2006), (3) Cognitive Flexibility Scale (Martin & Rubin, 1995), and Short Form of Marlowe-Crowne Social Desirability Scale (Reynolds, 1982). We conducted an on-line survey among over 700 university students in Montpellier. Data collection is now completed and statistical analyses are underway. Preliminary results indicate robust internal consistencies of the scales. Also, significant correlations between most scores of scales express relations between the constructs.

Les deux sens de la prédiction dans la recherche en écologie scientifique  jpgJPG 533.4 Ko

Sarah Calba [1], Vincent Devictor [1], Virginie Maris [2], Audrey Coreau [3], Philippe Huneman [4], Roger Pradel [2]
1. ISEM – Institut des Sciences de l’Évolution de Montpellier, CNRS-UM2 ; 2. CEFE – Centre d’Écologie Fonctionnelle et Évolutive, CNRS ; 3. AgroParisTech ; 4. IHPST – Institut d’Histoire et de Philosophie des Sciences et des Techniques, CNRS - Université Paris 1 Sorbonne.

Les écologues sont aujourd’hui de plus en plus sollicités pour fournir des prédictions fiables concernant le devenir de la biodiversité. Cette demande a suscité un intérêt accru pour la capacité prédictive de l’écologie scientifique. La notion d’ « écologie prédictive » de plus en plus utilisée par la communauté scientifique comme le développement de nombreux programmes de recherche entièrement consacrés à cette question marquent cette tendance. Nous proposons dans ce travail d’analyser les causes et les conséquences de l’utilisation de la notion d’écologie prédictive sur la recherche scientifique. Nous montrons dans un premier temps qu’il convient de distinguer deux sens du terme prédiction, selon qu’il renvoie à une étape du raisonnement scientifique permettant de tester et éventuellement de valider des hypothèses théoriques, ou qu’il désigne une forme d’anticipation de phénomènes futurs.

Dans le premier sens, ce n’est pas la prédiction en soi qui intéresse le scientifique mais plutôt les conséquences d’une prédiction réussie en accord avec la théorie. La notion de prédiction est en ce sens intimement liée à celle d’une recherche d’explication. Dans le second sens de la prédiction, c’est bien la connaissance d’un état ou d’un événement futur qui est recherchée, et cela parfois indépendamment de son rapport à l’explication. L’enjeu n’est plus principalement la véracité des théories mais leur utilité en vue de l’action. En distinguant ces deux sens de la notion de prédiction nous proposons de présenter trois axes complémentaires : (i) l’articulation des deux enjeux (explication et anticipation) liés à la notion de prédiction, (ii) l’évolution de l’usage du terme « prédiction » en écologie scientifique et (iii) les conséquences de cette évolution sur les pratiques de recherche.

L’Affaire Sokal  jpgJPG 469.8 kB

Robin Birgé, M2 Histoire, Philosophie et Didactique des Sciences, UM2
Pascal Nouvel, Département de philosophie, UM3

L’affaire Sokal est un épisode de la Guerre des Sciences qui peut-être décomposé en deux phases. Le départ est un canular du physicien américain Alan Sokal comportant de multiples erreurs scientifiques publié en mai 1996 dans la revue culturelle américaine Social Text. Sa cible : des auteurs de gauche issus de la « nébuleuse postmoderne » et le « relativisme cognitif ». Le deuxième épisode est la publication en juin 1997 avec le physicien Belge Jean Brimont du livre Impostures Intellectuelles. Cette fois, les auteurs ont la prétention d’épingler l’abus de l’utilisation de termes scientifiques dans les productions des auteurs incriminés dans le canular un an plus tôt. Suite à ces deux événements plusieurs centaines d’articles sont produits autour de ces deux productions. Il s’agit dans ce poster de présenter quelques-unes des questions abordées : quelle est la signification du canular ? Quelles sont les valeurs propres à fonder un engagement de gauche ? Quel est le rôle des métaphores ? Qu’est-ce qu’un texte ? Quels devraient être les fondements idéologiques et méthodologiques des études sur la science ? Puis viennent les questions socio-épistémologiques (au sens large) : ontologique (qu’est-ce que la connaissance ?), méthodologique (comment est-elle constituée ?) et éthique (comment apprécier sa valeur ou sa validité ?).

Présentation du master HPDS spécialité CCASST  jpgJPG 316.4 Ko

Claude Caussidier, LIRDEF, CNRS – Université Montpellier 2

Nous présenterons le parcours de spécialité M2-Recherche « Construction, Communication et Appropriation des Savoirs Scientifiques et Techniques » (CCASST) proposé dans le cadre du Master « Histoire, Philosophie et Didactique des Sciences » (HPDS : master co-habilité UM2, Université Lyon 1, École Normale Supérieure de Lyon).

Éducation au développement durable et Écocitoyenneté : deux concepts évoluant en parallèle  jpgJPG 230.4 Ko

Rouba Reaidi, Christian Reynaud, LIRDEF, CNRS – Université Montpellier 2

L’écocitoyenneté semble être le corrélat de l’éducation à l’environnement et au développement durable. Toutefois, chacun de ces concepts renvoie à une multitude de définitions et d’approches différentes. Quelles sont ces différentes approches ? Comment ont-elles évolué ? Quelles en sont les convergences et les divergences ? Ces questions traitées dans le cadre du présent poster mènent à identifier principalement un parallélisme entre les approches normative et critique de l’écocitoyenneté d’une part et celles de l’éducation à l’environnement et au développement durable (positiviste et critique sociale) d’autre part.

Événements associés (cliquer pour masquer/afficher)

• Exposition « Henri Poincaré : du mathématicien au philosophe » à l’UM2 du 10 au 28 juin 2013

Cette exposition sera installée à la Bibliothèque de Mathématiques de l’UM2 du lundi 10 au vendredi 28 juin (bâtiment 9 RdC, horaires d’ouvertures 08h30–12h30 et 13h30–17h30)

Henri Poincaré, considéré par beaucoup comme le dernier « grand savant universel » a su faire émerger de nombreuses théories nouvelles. Mathématicien de génie, physicien brillant et philosophe des sciences reconnu, il s’est également investi dans la diffusion des sciences et plus généralement, dans l’instruction publique. À l’occasion du centenaire de sa disparition, l’Institut Henri Poincaré (Paris), les Archives Henri Poincaré (Nancy) et leurs partenaires ont décidé d’organiser une exposition itinérante consacrée à la vie personnelle, institutionnelle et scientifique d’Henri Poincaré.
Voir en ligne : la page de l’exposition sur le site www.poincare.fr

• Séminaire interuniversitaire HiPhiS (Histoire et Philosophie des Sciences) le 18 juin 2013 à 17h30, UM2 Amphithéâtre de Polytech

Qu’est-ce qu’un gène ? la crise actuelle du concept moléculaire du gène
Conférence de Jean Deutsch, biologiste, Professeur émérite à l’Université Pierre et Marie Curie (Paris 6)

Le concept moléculaire du gène a été défini dans les années 1960 comme « un segment continu d’ADN codant », c’est-à-dire portant un message en nucléotides potentiellement traductible en protéine suivant le « code génétique ». Du fait des avancées de la génétique moléculaire elle-même durant les deux ou trois dernières décennies, ce modèle très simple et très fructueux rencontre des difficultés. Cette conférence tracera rapidement ces problèmes et discutera principalement de deux points : la différence entre message et information, et l’importance de la syntaxe génomique.
Voir en ligne : le programme des séminaires HiPhiS

Le comité d’organisation

Le comité d’organisation de cette 2e Journée Épistémologie est constitué de chercheurs, d’enseignants-chercheurs de diverses disciplines, ainsi que d’étudiants de l’UM2 en 2e ou 3e cycle. Dans l’ordre alphabétique :

Manuel Bächtold (UM2), Robin Birgé (étudiant Master), Laurent Boiteau (CNRS), Thierry Brassac (UM2), Anastasios Brenner (UM3), Alain Bronner (UM2), Claude Caussidier (CNRS), Huong Dang (doctorante), Viviane Durand-Guerrier (UM2), Daniel Favre (UM2), Muriel Guedj (UM2), Hélène Hagège (UM2), Thomas Hausberger (UM2), François Henn (UM2), Grégoire Molinatti (UM2), Valérie Munier (UM2), Pascal Nouvel (UM3), Denis Puy (UM2), Henri Reboul (UM2), Christian Reynaud (UM2), Nicolas Saby (UM2), Lionel Simonneau (INSERM), Élodie Valette (étudiante Master).

Documents à télécharger

pdfFlyer de la 2e Journée Épistémologie – PDF174.16 Ko

jpgAffiche 2e Journée Épistémologie A4 haute résolution – JPG718.75 Ko

pdfAppel à communications affichées 2013 – PDF93.61 Ko


L’affiche de la journée (cliquer pour masquer/afficher)

Affiche 2e Journée Épistémologie 2013